Fonction et utilité

La vie sur Terre est indissociable du sel, une matière première essentielle. Son goût est aussi unique de son action est variée. Son dosage est décisif quelle que soit l’application. C’est pourquoi, il est vital d’utiliser le sel de manière contrôlée et mesurée.

1. L’homme et sel

Le sel c’est la vie
Salz ist LebenLe sel a participé à l’apparition des premiers signes de vie sur terre. Les mers préhistoriques, le sel et les autres minéraux ont permis le développement des premiers microorganismes.
Depuis le début de son développement, il y a 3 millions d’années, l’homme porte en lui cette mer préhistorique dans ce que l’on appelle le liquide extracellulaire qui entoure nos cellules. Il contient 9 grammes de sel par litre.

Le sel est un élément particulier dont le goût est unique et les effets sont multiples. Les plats délicats se contentent d’une prise, les eaux thermales doivent leurs vertus curatives à la poignée de sel qu’elles contiennent, mais comme le dit un dicton allemand, répandre du sel sur une plaie attise la douleur.

Le sel est un aliment vital, c’est ce qu’attestent les larmes de joie, la transpiration due à l’effort et le sang de nos veines. L’eau, la chaleur et le sel d’un bain de saumure donnent au corps lourd l’impression de flotter, reposent l’esprit, soignent la peau et activent la circulation sanguine. Le sel est un excellent remède.

Un remède naturel
Autrefois, la médecine attribuait au sel une importance universelle. Le sel était également un remède. Il contribuait à l’hygiène et était considéré comme un régime efficace. Les bains d’eau de mer et de saumure étaient déjà appréciés pour leurs vertus curatives.

Une solution saline concentrée à 0,9% est indispensable pour sauver les blessés qui perdent du sang ou pour transporter d’autres solutions médicamenteuses injectées en intraveineuse. Cette solution saline physiologique et isotonique permet de sauver des vies.

Le sel est également utilisé par la médecine naturelle et la «médecine maison». Les solutions salines apaisent les inflammations des muqueuses et aident à lutter contre le rhume, les inflammations de la gorge et les pharyngites. Aujourd’hui encore, la médecine profite des vertus curatives des sources salines. Les bains thermaux sont recommandés pour soulager de nombreux maux, en particuliers ceux qui touchent les articulations (la goutte, les rhumatismes, la sciatique). Les bains thermaux chauds sont également conseillés après des opérations orthopédiques ou neurologiques, en cas de blessures accidentelles, de signes de paralysie, de troubles cardio-vasculaires et de maladies respiratoires. De nombreuses stations thermales datent de l’époque des Romains.

Les maladies cutanées sont traitées directement à la mer ou dans des cliniques, à l’aide de sel, de lumière et de chaleur. Les stations thermales de la mer Morte soulagent les personnes qui souffrent de psoriasis. Par ailleurs, les effets bénéfiques de la mer du Nord sur les maladies respiratoires sont connus depuis plus de 200 ans.

Actisal® sel de mer pour bains et Actisal® saumure pour bains

Le rôle du sodium (Na) et du chlore (Cl)

Die Rolle von Natrium (Na) und Chlor (Cl)Le sodium joue également un rôle primordial au niveau de la transmission des signaux nerveux. Au repos, les cellules nerveuses contiennent des ions de potassium et leur membrane est imperméable aux ions de sodium. Lorsqu’elle est stimulée, la membrane devient subitement perméable et les ions de sodium affluent. La charge électrique de la cellule se modifie. Les fibres musculaires envoient alors un signal électrique. Lorsque l’équilibre potassium-sodium est rompu, entre autres, par manque de sel, la fatigue, l’épuisement, l’inertie et les crampes musculaires apparaissent. Le sodium ne peut pas être remplacé par du potassium. Il arrive fréquemment que des régimes soient mal interprétés à cet égard.
Die Rolle von Natrium (Na) und Chlor (Cl)Les ions de sodium jouent un rôle primordial au niveau du système nerveux et l’ion de chlorure est indispensable à la digestion. Les sucs gastriques contiennent, outre la bile et les enzymes, également de l’acide chlorhydrique qui abaisse le pH (pH entre 1,0–1,5). Ce processus tue les germes des aliments et prépare les protéines des aliments pour la poursuite de la digestion.

Le goût salé des larmes et de la transpiration est la preuve tangible que notre corps contient du sel. Le rapport est environ de 125 grammes de sel pour 70 kilos de masse corporelle (voir l’illustration Répartition du sodium et du chlorure). Notons que cette valeur n’est pas constante. Nous éliminons du sel quotidiennement par la transpiration et l’urine. Les humains, comme les animaux, ressentent la nécessité de remplacer le sel éliminé. A long terme, une alimentation sans sel entraîne des troubles carentiels, des maladies et dans les cas extrêmes, la mort. Un véritable risque de carence en sel n’existe que lorsque le régime alimentaire n’est pas équilibré, chez les personnes âgées qui souffrent de troubles de la perception de la soif ou en cas de diarrhée extrême.

De quelle quantité de sel l’homme a-t-il besoin?
Le besoin en sel est individuel et varie en fonction du poids, de l’activité physique et de l’état de santé. Les personnes adultes ont besoin de 4 à 6 grammes de sel de cuisine par jour. Ces quantités sont contenues dans l’alimentation lorsqu’elle est équilibrée. Selon les statistiques, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, ces valeurs de référence sont dépassées de un à deux grammes par jour.

De l’iode dans le sel ou comment lutter contre le goitre
Jod im Salz – dem Kropf an den KragenParfait «support» pour les oligoéléments, le sel contribue à la santé de l’homme. Le corps humain a besoin d’iode pour réguler le fonctionnement de la thyroïde. Un adulte a besoin de 100 à 150 microgrammes (0,00015 g) par jour. Une quantité infime qui n’est cependant pas garantie par l’absorption d’aliments et de boissons. Une carence en iode peut entraîner la formation d’un goitre et l’apparition d’autres troubles carentiels.

Les conséquences d’une carence en iode sont connues depuis le début de ce siècle. Après des essais effectués à l’échelle locale, en 1922, la Suisse décide d’ajouter de l’iode au sel distribué dans les cantons. La Suisse a joué un rôle de pionnier. Depuis cette époque, les Salines Suisses du Rhin ajoutent de l’iodure de potassium au sel de cuisine, à la demande des autorités compétentes. C’est essentiellement grâce à cette mesure que le nombre des cas de goitres et les troubles carentiels ont notablement diminué. Le sel enrichi en iode est un élément important du programme sanitaire mondial de l’OMS et de l’UNICEF.

Du fluor dans le sel pour des dents saines
Fluorid im Salz – den Zähnen zuliebeLe sel de cuisine suisse JuraSel® est disponible non seulement enrichi en iode, mais également en fluor. La médecine dentaire a constaté très tôt que les bains de bouche réguliers contenant du fluorure, même en très faible concentration, avaient pour effet de conserver et de durcir l’émail des dents. Le fluor agit non seulement pendant la phase de croissance, mais également chez les adultes. Le fluor du sel de cuisine est une mesure de prophylaxie astucieuse et peu chère pour toute la population.

2. Biologie

Les halophytes
L’univers du sel est riche en surprises, même s’il faut parfois y regarder à deux fois pour les découvrir. Les plantes à sel ou halophytes en sont un exemple. Elles poussent en bord de mer, sur les sites des salines, dans les zones conquises par la mer, dans les déserts de sel ou dans les sources salines. Ce sont de véritables équilibristes. Elles arrivent à survivre grâce à des stratégies physiologiques diverses qui leur permettent de pousser même lorsque la concentration saline est supérieure à 0,5 pour cent. Les glandes qui éliminent le sel, l’importante capacité à stocker de l’eau (succulence) et le pouvoir de filtration des racines sont des exemples typiques d’adaptation des plantes. Un mode de vie opportuniste peut également se révéler salvateur. De telles plantes terminent leur cycle de vie et leur production de semences avant que la concentration en sel des tissus n’atteigne une valeur létale.

Les plantes qui poussent dans les zones littorales, comme celles qui poussent en haute montagne, dans les déserts ou dans les régions polaires, doivent faire face à des conditions de vie difficiles qui résultent d’un fort ensoleillement, d’importantes variations de température et de la sécheresse. De nombreuses halophytes sont naines ou poussent en tapis. Les feuilles sont généralement petites, grasses, charnues ou velues.

Les quelques exemples suivants ont pour objectif de vous faire découvrir la diversité des plantes halophiles. Chaque plante est représentative à sa façon de ce type de végétaux si particulier.

Astérisque maritime (Asteriscus maritimus L.)
Strandstern (Asteriscus maritimus L.)L’astérisque maritime (Asteriscus maritimus L.) est une plante vivace. On la remarque au printemps, pendant la floraison, lorsque ses fleurs d’un jaune intense recouvrent les côtes rocheuses de la mer Méditerranée. Sinon, cette plante de la famille des composées est plutôt discrète. Les tiges sont lignifiées et les feuilles étroites et allongées sont recouvertes de poils hirsutes. C’est ainsi qu’elle arrive à faire face au vent, à la chaleur, aux rayons du soleil et à la sécheresse.

Joncs (Juncus acutus)
Binse (Juncus acutus)Les graminées, la laîche et les joncs font partie intégrante de la flore des plages, des marais et des plaines bordant les côtes. Elles sont utilisées comme plantes pionnières pour la poldérisation, comme nourriture et fourrage dans l’agriculture ou comme matériel de construction tels les roseaux. Si de loin, ces plantes se ressemblent à s’y méprendre, elles n’appartiennent pas aux mêmes familles. L’illustration représente un jonc à sépales pointus (Juncus acutus). Il pousse sur les côtes de la mer Méditerranée comme le jonc maritime

Raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera)
Meertraube (Coccoloba uvifera)Le raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera) appartient à la famille des polygonacées. Il est souvent le seul ombrage que l’on trouve sur les plages isolées d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. C’est une plante à feuillage persistant, dotée de plusieurs troncs et qui peut atteindre 8 mètres de haut. Résistant au vent et au sel, le raisinier bord de mer est une plante utile et ornementale. Elle donne des fruits comestibles et exploitables, du bois de chauffage et des colorants. La médecine populaire utilise les racines pour enrayer la diarrhée et l’écorce pour soulager les inflammations de la gorge.

Plantain corne de cerf (Plantago coronopus)
Dickblättriger Wegerich (Plantago coronopus)Le plantain corne de cerf (Plantago coronopus) pousse bien dans les zones sablonneuses et rocheuses des côtes d’Europe centrale. Son aspect et sa présence dans les zones salines en font une plante halophile. Néanmoins, même les profanes reconnaîtront sa parenté avec le plantain lancéolé et le grand plantain.

Mangrove (ici, rhizophora mangle)
Mangrovenwälder (Rhizophora mangle)Les mangroves constituées de palétuviers (ici, Rhizophora mangle) rendent les côtes tropicales et les embouchures de fleuve particulièrement fascinantes. Elles sont les uniques écosystèmes de ces zones géographiques et constituent des coulisses de films intrigantes et des destinations de voyages passionnantes. Les palétuviers poussent dans les eaux salines et saumâtres, et supportent sans difficulté les changements de marée. Le palétuvier rouge est la sorte la plus importante et la plus répandue. Son bois rouge sert à produire des extraits tannants et à fabriquer du charbon de bois. Les semences se répandent de manière particulièrement originale. Elles germent sur la plante mère, tombent dans l’eau et restent plantées dans la vase tel un plantoir.

Salicorne vivace (Salicornia perenne)
Ausdauernder Queller (Salicornia perenne)La salicorne vivace (Salicornia perenne) est connue comme salade. Cette plante de la famille des chénopodiacées a des liens de parenté avec l’épinard. La salicorne est une plante charnue qui rappelle l’asperge et tolère les sols riches en sel. Elle est souvent présente sur les côtes, les estrans et les terres basses d’Europe. Elle est également plantée pour la poldérisation.

Spergulaire marine (spergularia salina)
Salz-Spärkling (Spergularia salina)La spergulaire marine (Spergularia salina) appartient à la famille des caryophyllacées. Cette plante discrète et basse pousse le long des côtes et sur les sols salins en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. Elle fleurit du mois d’avril au mois de septembre, ses fleurs sont blanches ou rose clair.

Tamaris (tamaris africana Poir.)
Tamariske (T. africana Poir.)La famille des Tamarisken compte environ 80 espèces d’arbres et d’arbustes aux racines profondes et aux feuillages caducs. Les tamaris poussent des régions méditerranéennes à la Chine et sont souvent présents dans les déserts. Plantés le long des côtes, ils protègent du vent. Certaines variétés sont utilisées pour leurs vertus médicinales ou pour fabriquer du colorant. Les peuples qui vivent dans les déserts utilisent le tamarix mannifera depuis la nuit des temps. L’illustration montre un tamaris d’Afrique (T. africana Poir.), qui pousse dans le lit des fleuves, sur les côtes plates et dans les dunes de sable des régions méditerranéennes, d’Afrique du Nord et des Canaries. Le tamaris est également cultivé comme plante ornementale et pour border les allées.

Liseron des dunes (Calystegia soldanella L.)
Strandwinde (Calystegia soldanella L.)Le liseron des dunes (Calystegia soldanellaL.) appartient à la famille de notre liseron des champs. Il pousse dans toutes les zones littorales chaudes du monde. Il rampe sur le sable, les rochers et les dunes. Son feuillage persistant et charnu, et ses fleurs rayées rose clair et blanc attirent le regard des promeneurs le long des plages.
Illustrations: Heinrich Bäbler

Les animaux, l’eau et le sel
Les océans sont le berceau de la vie, et l’eau de ces océans coule toujours dans nos veines. Pas de vie sans eau, pas de vie sans sel. Que ce soit dans la mer ou dans les rivières, dans la forêt pluviale, dans le désert le plus aride ou dans la banquise antarctique, l’évolution des organismes vivants et leur lutte pour la survie passent toujours par la recherche d’une salinité équilibrée. Tout l’art consiste à maîtriser la diffusion osmotique.

Tous les organismes vivants ont besoin de sel, mais n’en supportent que très peu. Dans ce rapport annuel, nous avons choisi de vous présenter, à l’image de quelques vertébrés, les différentes manières dont la nature a résolu ce problème. Le choix des espèces n’est pas fortuit, mais vise à montrer les différentes stratégies de désalinisation mises en œuvre dans divers environnements.

Au fil de l’évolution, les vertébrés se sont dotés de différents organes chargés des fonctions osmotiques. La peau et les branchies en font partie. Ils constituent l’interface entre l’organisme proprement dit et le milieu ambiant, à savoir l’eau de mer, l’eau douce ou l’air. Les glandes capables de rejeter du sel sont largement répandues dans le règne animal. Chez les reptiles et les oiseaux, on les trouve dans la région des yeux, du nez et de la bouche. Les reins participent également à la gestion du bilan hydrique et du sel.

Le saumon (Salmo salar)
Atlantischer Lachs (Salmo salar)Le saumon n’est pas seulement un mets culinaire particulièrement apprécié. Ses migrations sont également devenues légendaires. Les jeunes poissons quittent leurs frayères, descendent les fleuves jusqu’à la mer et disparaissent dans la mystérieuse mer des Sargasses. Une fois adultes, ils entament leur «montaison», remontent les mêmes fleuves et retrouvent leurs frayères, mus par un formidable instinct et guidés par un odorat extraordinaire. Le saumon est un poisson qui peut vivre aussi bien en eau douce qu’en eau de mer, ce qui en fait un cas particulièrement intéressant.
En eau douce, le saumon possède une concentration en sel plus importante que l’eau qui l’entoure, cette dernière entrant de ce fait en permanence par la peau et les branchies. Pour ne pas gonfler, le saumon rejette l’eau et retient le sel au niveau des reins. Il produit par conséquent de grandes quantités d’urine très diluée.
En mer, le saumon possède une concentration en sel plus faible que l’eau de mer. Le principe de l’osmose tend alors à lui faire perdre son eau à travers sa peau et ses branchies. Paradoxalement, il risque la déshydratation. Le saumon boit donc de grandes quantités d’eau. Ses reins retienent l’eau et rejettent le sel. Il produit alors une urine peu abondante, mais très concentrée. Les poissons de mer peuvent également rejeter du sel par leurs branchies.

Les géocoucous (Geococcyx californianus, G. velox, «roadrunner» américain)
Rennkuckuck (Geococcyx californianus, G. velox, amerik. Roadrunner)Der Les géocoucous sont des oiseaux des régions désertiques qui se sont parfaitement adaptés à leur environnement. On en connaît deux espèces vivant en Amérique, dans l’ouest des Etats-Unis, notamment dans le désert du Sonora et du Mojave, ainsi qu’en Amérique centrale. Ces oiseaux sont connus pour la rapidité extraordinaire de leur course au sol, qui leur permet d’atteindre près de 30 km/h. Les géocoucous sont omnivores, mais poursuivent principalement des reptiles et des insectes.
Ils ne dédaignent pas non plus quelques colibris et serpents à sonnette. Le géocoucou a inspiré un personnage de dessin animé très populaire – le «Road Runner» – créé par Chuck Jones aux studios Warner Brothers.
Le géocoucou a une gestion très économe de l’eau. La rétention de l’eau est particulièrement importante au niveau de l’intestin, ce qui fait que ses fientes sont parfaitement sèches. A midi, lorsque la chaleur est la plus intense, le géocoucou réduit son activité de moitié. Le sel excédentaire est rejeté par une glande spécialisée située dans le nez. Les reins ne jouent aucun rôle dans la régulation du sel.

Les serpents de mer (Hydrophiidae)
Seeschlangen (Hydrophiidae)Les serpents de mer vivent dans les mers chaudes, du Golfe persique au sud-ouest du Pacifique. Ils sont tous venimeux et peuvent atteindre une longueur de 1,5 mètre. Les jeunes sortent généralement de l’œuf dans le ventre de leur mère; ils sont donc vivipares. La plupart des espèces ne quittent jamais l’élément liquide. Ce sont d’excellents nageurs, mais ils doivent malgré tout respirer. Ils peuvent aussi rester plusieurs heures sous l’eau en avalant de l’eau: ils absorbent l’oxygène contenu dans l’eau, puis recrachent l’eau. Les serpents de mer se nourrissent de poissons. Pour autant qu’ils ne se sentent pas menacés, les serpents de mer n’attaquent généralement pas l’homme. Les serpents de mer rejettent le sel excédentaire par des glandes situées sous la langue.

Les chameaux et les dromadaires (Camelidae)
Kamel (Camelidae)Les dromadaires (Camelus dromedarius) et les chameaux (Camelus ferus) vivent dans les régions désertiques d’Asie et d’Afrique du Nord. Les deux espèces sont domestiquées depuis longtemps et sont très appréciées comme animaux de rente ou de course. Les chameaux sont capables de supporter de longues périodes de sécheresse et de chaleur sans absorber de liquide. Ils ont développé une gestion extrêmement efficace de l’eau. La graisse emmagasinée dans les bosses joue le rôle de réserve d’énergie et d’eau. La dégradation de la graisse produit en effet de l’eau, qui est utilisée par l’organisme. Leur urine est peu abondante, mais très concentrée en urée et en sel.
Les chameaux n’existent plus à l’état sauvage que dans le sud-ouest de la Mongolie et dans le nord-ouest de la Chine. Leur population est estimée à moins de 1000 individus. Au début de l’année 2001, la découverte d’une espèce apparemment inconnue et capable de boire de l’eau salée a fait les gros titres. Il en resterait quelque 600 individus dans les dunes de la région isolée de Kum-Tagh, dans la province chinoise du Xinjiang, aux confins des montagnes tibétaines. Mais il n’en existe aucune photo et on n’en a plus parlé depuis.

Les pingouins (Spenescidae sp.)
Pinguin (Spheniscidae)Ces drôles d’oiseaux ont gagné la sympathie de petits et grands. Malgré leur démarche pataude sur terre ferme, dont le ridicule est souligné par leur habit noir, les pingouins sont d’excellents nageurs. Ils font également preuve d’une endurance extraordinaire, puisque les 18 espèces de pingouins vivent en majeure partie dans l’Antarctique et sur les îles subantarctiques.
Quelques espèces vivent sur les côtes de l’Australie, en Afrique du Sud et en Amérique du Sud, ainsi que sur les îles Galápagos et Falkland.
Lorsqu’ils n’ont pas accès à l’eau douce, les pingouins – comme d’autres oiseaux de mer – font appel à leurs glandes spécialisées pour réguler la concentration de sel dans l’organisme. Chez les pingouins, ces glandes sont situées derrière l’œil et aboutissent dans la fosse nasale. La solution saline concentrée s’écoule des narines et le long du bec.

Les flamants (Phoenicopterus sp.)
Flamingos (Phoenicopteridae)C’est à chaque fois un spectacle saisissant, lorsque des milliers de flamants prennent leur envol dans un vacarme assourdissant et colorent le ciel en rose. Ils sont également fascinants, dans les zoos, avec leurs longues jambes, leur cou tout en souplesse et leur bec recourbé, quand ils se déplacent majestueusement à la recherche de nourriture. Les flamants se retrouvent dans plusieurs parties du globe, le plus souvent dans des eaux dormantes ou sur des îles peu élevées, dans des étangs peu profonds, des lacs salés et des lagunes.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils sont parfaitement adaptés à leur milieu aux eaux généralement très riches en sel. Le lac Natron, en Afrique orientale, dont les eaux sont particulièrement chargées, constitue même un de leurs habitats favoris. Les flamants rejettent le sel excédentaire par des glandes spécialisées situées dans le nez. Quelques espèces de flamants boivent de l’eau douce dans des geysers ou des sources chaudes.

L’iguane marin (Amblirhynchus christatus)
Meerechse (Amblyrhynchus christatus)Ce reptile primitif fait partie de la faune unique en son genre des îles Galápagos. C’est aussi dans ces îles que Charles Darwin a mis en place les bases de sa théorie de l’évolution, parce qu’il en avait les preuves vivantes sous les yeux. Les iguanes marins vivent sur des écueils battus par les vagues et semblent directement issus de la lave, avec leur couleur foncée et leur peau ridée. Mais ce sont de pacifiques herbivores, qui se nourrissent de fucus, d’algues et de varech. Ils régulent la concentration en sel de leur corps par le biais de glandes spécialisées qui se trouvent à l’avant des yeux et communiquent avec la fosse nasale. Le sel excédentaire est éliminé sous forme de fines gouttelettes concentrées suintant des narines.

Le caret (Eretmochelys imbricata)
Echte Karettschildkröte (Eretmochelys imbricata)Le caret ou tortue à écailles vit dans toutes les mers chaudes. Sa carapace peut atteindre 90 cm de longueur. La forme de son maxillaire supérieur rappelle celle d’un bec de rapace. Les carets se nourrissent de poissons, de mollusques, de crustacés et de diverses plantes marines.
Cette tortue est malheureusement chassée à outrance pour ses écailles. Pour séparer les écailles de la carapace, la tortue est souvent exposée à corps vif à une source de chaleur. Elle survit à ce procédé et forme de nouvelles écailles, qui ne sont toutefois plus exploitées en raison de leur qualité moindre.
Comme les autres animaux marins, le caret doit en permanence rejeter du sel excédentaire. Cette fonction est assurée par des glandes spécialisées. Le liquide concentré qu’elles produisent s’écoule à l’avant des yeux et forme une larme incrustante hors de l’eau. C’est ce qui fait que les tortues et autres animaux marins dotés de telles glandes ont souvent l’air de pleurer.

Les corégones (Coregonus sp.)
Felchen (Coregonus spez.)Ces poissons appréciés pour leur chair tendre appartiennent à la famille des salmonidés. On les trouve principalement dans les lacs froids et profonds de l’hémisphère nord. Ce sont des poissons d’eau douce qui se nourrissent de plancton et d’invertébrés.
Comme leurs tissus présentent une concentration en sel plus élevée que l’eau qui les entoure, cette dernière pénètre en permanence par la peau et les branchies. Les corégones ne boivent pas d’eau et doivent retenir le sel. Ce sont les reins qui retiennent ce sel. Ils produisent par conséquent de grandes quantités d’urine très diluée.

Les pinnipèdes (Pinnipedia)
Robben (Pinnipedia)Ces mammifères peuplent toutes les côtes des mers froides et tempérées. Seuls les phoques moines habitent les mers chaudes. Les phoques se subdivisent en trois grandes familles: les otariidés (otaries, lions de mer), les odobénidés (morses) et les phocidés (phoques, éléphants de mer).
Les ancêtres des pinnipèdes habitaient la terre ferme et se sont réadaptés à la vie aquatique dans le cadre de leur évolution. Ils sont presque parfaitement adaptés à la vie marine, même s’ils doivent retourner à terre ou sur la banquise pour s’accoupler et élever leurs petits. En tant que prédateurs, ils se nourrissent de poissons, de crabes, de mollusques et d’autres animaux marins. Ils régulent leur bilan salin par les reins. Leur urine est très concentrée.

3. Le sel et l’environnement

Salz ist überall
Salz ist überallPrésent en grande quantité dans les couches géologiques sous forme de sel gemme (halite) ou dans les mers, les lacs et les fleuves sous forme de sodium et ions de chlorure dissous. Les êtres vivants contiennent de faibles quantités de sel.
La vie et le sel sont absolument indissociables. Une petite prise quotidienne de 4 à 6 grammes nous suffit déjà. Par ailleurs, une trop forte concentration en sel dans l’eau potable ou dans les champs peut empêcher toute vie organique de se développer. L’augmentation de la teneur en sel de l’environnement et les dévastations, qu’elles soient naturelles ou causées par les hommes, sont souvent associées. Ce qui est une malédiction dans la Bible, est une bénédiction pour la conservation des aliments. Par conséquent, une utilisation contrôlée et consciencieuse du sel est indispensable et vitale dans tous les sens du terme.

Le sel, une matière première suisse écologique à portée de main
Le sel est une matière première suisse dont les gisements vont permettre de satisfaire à nos besoins pendant des siècles. Notre sel est un cadeau de la mer géologique qui s’est évaporée il y a 200 millions d’années et qui a laissé des couches de sel d’une épaisseur allant jusqu’à 100 mètres au nord-ouest de la Suisse, dans le Jura et dans la région du Plateau suisse. Les couches de sel sont recouvertes de roches plus jeunes.

Le processus de production du sel ignigène tel qu’il est pratiqué par les Salines Suisses du Rhin est très simple. Les strates de sel sont forées entre 140 et 400 m de profondeur et de l’eau potable est injectée depuis la surface. Le sel se dissout, l’argile, le sable fin et les minéraux insolubles restent au fond. La solution saline (saumure saturée) est pompée dans de grandes citernes. La saumure est d’abord adoucie par élimination des sulfates de calcium et de magnésium puis chauffée dans des évaporateurs. L’eau s’évapore et un sel pur et fin se cristallise. La vapeur est à nouveau chauffée puis réutilisée. L’eau condensée résiduelle exempte de minéraux est rejetée dans le Rhin. Parallèlement, le sel en vrac ou conditionné commence son circuit économique. Le gypse et les minéraux, qui forment une boue lors de l’adoucissement de la saumure, sont comprimés et réinjectés dans le sol à l’endroit où ils étaient.

Grâce à la récupération de chaleur, la production d’une tonne de sel nécessite aujourd’hui 15 fois moins d’énergie qu’autrefois.

Le sel dans l’eau
Das Salz im WasserLe sel est particulièrement soluble dans l’eau, c’est pourquoi la plupart des eaux contiennent naturellement du sel ou des ions de sodium et de chlorure. Les sources salines ou minérales sont utilisées depuis des générations pour leurs effets désaltérants ou curatifs et une mer sans sel n’est guère imaginable.
Cependant, comme de nombreux processus industriels rejettent du sel de cuisine et d’autres sels dans la nature par le biais des eaux usées, de la fertilisation des sols et du sel à dégeler, il est indispensable de surveiller de près les nappes phréatiques et les fleuves afin de pouvoir évaluer leur qualité et les éventuels risques sanitaires. L’identification, l’évaluation et le suivi du sodium et du chlorure sont devenus des opérations routinières, tout du moins en Suisse, dont les résultats sont parfaitement transparents. En Suisse, la concentration limite du sel alimentaire dans l’eau potable est de 0,33 gramme par litre.

La Suisse est membre de la Commission Internationale pour la protection du Rhin et coresponsable de la qualité de l’eau de ce fleuve européen d’importance. Les valeurs mesurées à Bâle reflètent les résultats obtenus en matière de protection de l’eau et sont représentatives de la qualité de près de 70% des cours d’eau de Suisse! Afin de vous persuader que la teneur en sel des cours d’eau de Suisse n’est pas inquiétante, consultez le site: iksr.org.

Sel à dégeler – un produit écologique
L’entretien des chaussées en hiver à l’aide de sel à dégeler s’est considérablement amélioré ces dernières années pour des raisons à la fois économiques et écologiques. La technique du sel humide, l’épandage informatisé et commandé par infrarouge, les diagnostics en réseau de l’état des routes, de meilleures informations météorologiques et une optimisation de la planification des interventions ont permis d’obtenir de meilleurs résultats. Le concept de l’utilisation maîtrisée a permis de fixer des priorités: les routes à grand débit et les routes dangereuses. Quand cela est possible, il faut renoncer au salage. Aujourd’hui, les services de voirie épandent entre 5 et maximum 20 grammes de sel par mètre carré suivant les conditions météorologiques.
Les conditions météorologiques déterminent la consommation de sel et lui donnent son caractère imprévisible. La quantité de sel vendue chaque année par les Salines Suisses du Rhin oscille entre 70 000 et 150 000 tonnes de sel à dégeler. Sur le long terme, la moyenne annuelle est de quelque 100 000 tonnes.
Le sel est incontestablement le moyen le plus efficace et le plus économique de rendre les chaussées verglacées praticables. Il faut néanmoins toujours prendre en compte la sécurité routière, les coûts et la pollution de l’environnement. L’hiver, la devise des services de voirie est: «Pas plus qu’il n’en faut».

Les gravillons, une arme désuète
Pendant longtemps, les gravillons ont été présentés comme l’alternative écologique au sel à dégeler. Mais les résultats obtenus en termes de sécurité routière laissent à désirer. En effet, les gravillons sont inefficaces en cas de verglas. Les analyses d’accidents l’ont clairement prouvé.
Les quantités nécessaires sont également beaucoup plus importantes. Pour obtenir le même effet, il faut épandre dix à vingt fois plus de gravillon que de sel à dégeler. Après le passage de 300 à 500 véhicules, le gravillon a été complètement éjecté de la chaussée et une nouvelle opération d’épandage est nécessaire.
Le gravillon entraîne des coûts importants au niveau tant de l’achat que du transport, du stockage et de l’épandage. Le nettoyage qui génère de la poussière, le recyclage difficile et l’élimination en tant que déchet spécial entraînent des frais considérables.

Source: Salz- und Splittstreuung im Winterdienst, neue Forschungserkenntnisse, Dr Beatrice Ruess, Strasse und Verkehr 1998.

Le sel et les arbres des routes
Autrefois, le mauvais état des arbres, des buissons et des plantes qui poussent le long des routes était mis sur le compte du salage effectué par les services de voirie en hiver. Depuis que les nombreux facteurs de stress des plantes des zones urbaines du réseau routier sont mieux connus et systématiquement combattus, de telles allégations n’ont plus raison d’être. Regardez donc.

Comparées aux hommes et aux animaux, les plantes n’ont besoin que de très peu de sel. Elles y réagissent de manière plus sensible. Les plantes qui poussent dans les lagunes et dans les zones littorales sont habituées aux variations de concentration de sel.
Sur les routes où la concentration en chlorure est importante, les arbres en absorbent davantage. Ils sont capables de stocker le chlorure dans le bois et ainsi de le tenir à l’écart du métabolisme actif.
L’étude des arbres des allées de Hanovre (Allemagne) réalisée sur plusieurs années a montré que la teneur en chlorure varie considérablement au cours d’une année et que la concentration de 0,3%, dont on dit qu’elle entraîne des dommages, n’a été relevée ni sur les plantes ni dans le sol. La majorité du sel à dégeler est transportée par la pluie et la neige fondue dans les canalisations et dans les cours d’eau. Le sel n’atteint donc pas les racines des plantes (voir le graphique «Facteurs nocifs»).

Les facteurs de stress des arbres qui poussent le long des routes
Etat du sol le long des routes:

  • Tassement du sol
  • Réduction de la zone de développement des racines
  • Manque d’eau, de substances nutritives et d’oxygène
  • Endommagement mécanique des racines
  • Travaux de canalisation
  • Mechanische Schädigung von Wurzeln
  • Pollution (par exemple: huile de moteur, excréments de chien)

Facteurs de stress en surface:

  • Climat des grandes villes avec l’effet de «four»
  • Pollution de l’air par des gaz et des poussières (immissions)
  • Endommagement mécanique du tronc, des branches et des ramifications
  • «Pluies acides» *Eau salée